À deux c’est bien mais à un aussi !

Chapitre I

28 ans et quelques mois…

28 ans épanouie et heureuse.

Oui pardon ! J’ai oublié de faire les présentations. Je m’appelle Rachel et je suis responsable rémunération et avantages sociaux dans une grande banque. Je vis actuellement dans le sud-ouest de Londres. Je suis venue ici pour mes études et j’ai finalement décidé de m’y installer. Je vis en Angleterre depuis 5 ans maintenant. Après un Bachelor en finance à HEC Paris, pour faire plaisir à papa, j’ai trouvé une bourse qui m’a permis de quitter ma France natale, de venir faire un master et commencer une nouvelle vie ici.

Comment est-ce que je trouve Londres ? Assez bien. Même que j’aime beaucoup. Sur une échelle de 1 à 10 je lui attribuerais la note de 7… ou même un 7 et demi. Les gens y sont intéressants, ouverts et gentils. Mon travail, les diverses possibilités de manger de la cuisine d’ici et ailleurs et mon église me plaisent vraiment. J’ai des amies hors du commun et à Londres il y’a toujours quelque chose à faire. C’est d’ailleurs ce qui tire la note de cette ville vers le haut parce que même après 5 ans, je ne me suis pas encore habituée à la météo. Souvent, bien trop souvent, il pleut. Quand il ne pleut pas, il pleuvine. Et très rarement, mais seulement très rarement, le soleil nous honore de sa présence et de sa chaleur.

Enfin bref… Comme annoncé plus haut, j’ai 28 ans. 28 ans et pour beaucoup mon statut est purement et simplement: « célibataire ». Comment vous expliquer la galère ?! Je ne parle pas du célibat que mentionne ma carte d’identité ou mon contrat de travail… mais plutôt de celui qui pousse votre entourage à manifester une empathie/pitié très grande à votre égard. Le genre de célibat qui conduit vos copines à se joindre à votre cause en vous invitant à tous les « single balls » autrement dit bals pour célibataires de la ville, à tous les repas organisés par des amis (ou amis d’amis, ou amis d’amis d’amis…), à vous donner un coup de coude à chaque fois qu’un homme sans alliance de moins de quarante ans passe dans un périmètre de plus ou moins 500 mètres à la ronde (OUI elles ont l’œil !) ou encore qui vous font changer le contenu de votre sac de sport avant le départ pour le fitness en vous faisant la leçon:

« – Ma chérie, tu espères vraiment qu’un homme arrête son regard sur toi avec une tenue pareille ?! Beurk 0 sur 10.

– Non mais c’est du sport, no stress. Le but c’est de transpirer pas de minauder.

– Au sport, au super marché, dans le métro comme pour aller jeter tes poubelles ma chérie, à ton âge et dans ta situation, on se doit d’être au top partout ! ».

Voilà le genre de célibat dont je parle. Le genre de célibat qui, d’après les miens, ne me permet pas d’avoir de goût ni d’avis sur les fameux messieurs qu’on me présente (ou à qui on donne mes coordonnées à mon insu) parce que d’après certaines « je serais trop vieille ». Le genre de célibat qui fait pleurer ma mère une fois par semaine au téléphone, parce qu’elle est convaincue que je la prive volontairement d’une fête de mariage et de petits-enfants. Le genre de célibat qui fait que même moi je me suis remise en question en tant que femme, individu et enfant de Dieu. Oui parce que considérant qu’Il m’aime et qu’Il veut mon bonheur, pourquoi est-ce que tout le monde est casé sauf moi ? Pourquoi est-ce que chacun a sa chacune, chacune son chacun et moi rien? Mais comment dire ?! Aujourd’hui, alors que je vous raconte mes aventures, je peux me permettre d’affirmer: « jusqu’ici tout va bien ! » Et oui, enfin je suis heureuse et épanouie. Ceci étant, la vérité est que ça a été un réel parcours du combattant. J’y ai laissé des plumes jusqu’à ce que je décide de ne plus subir la situation mais de la prendre à mon avantage.

Avant de tout vous raconter, je voudrais vous souhaiter la bienvenue. Bienvenus dans ma vie, bienvenus dans mes aventures !

Chapitre II

Je savais que la question qui reviendrait le plus serait celle sur la gestion de mon célibat. C’est assez simple. Euh non. C’est faux ! Ca n’a pas été simple du tout ! « C’est simple » c’est juste un toc de langage. ‘Fin bref… La vérité est que j’ai dû changer de mentalité et de manière de me considérer.

À force de subir la pression des uns et des autres, de vouloir ressembler à un modèle social imposé, de confondre célibat et solitude, de vouloir passer de « moitié d’être humain » à « être humain entier » ben j’ai fait des mauvais choix. Pendant longtemps j’ai oublié de vivre ma vie et de m’épanouir dans ce que je possédais parce que la seule chose qui m’intéressait était celle que je n’avais pas: « le chéri ». Tout ce temps perdu à chercher des réponses à donner à tous ceux qui, sur mon lieu de travail, à la sortie des cultes ou bible studies (études bibliques), aux fêtes de famille et j’en passe, me sortaient les traditionnels: « oh je ne comprends pas qu’une fille aussi jolie et intelligente soit célibataire » ou « tu sais, les hommes ont peur des filles comme toi » ou « à ton âge, j’étais mariée et j’avais déjà 3 enfants » ou les pires « tu dois être trop compliquée, change un peu » ou « il faut faire vite hein… parce qu’après il faut faire des enfants » ou encore ceux qui te caressent l’épaule en te disant « ça va aller, tu finiras bien par trouver ». En y repensant, je ris, mais sur le moment ça n’est rien d’agréable. Absolument rien !

Cependant, tout a changé le jour où j’ai réalisé et compris que je n’avais pas été créée pour accompagner qui que ce soit sur terre, mais que Dieu avait un plan pour moi en tant qu’individu et qu’il fallait que je l’accomplisse. J’ai changé de raisonnement lorsque j’ai compris que si je n’étais pas épanouie et heureuse de l’être que je suis, je serai la pire des épouses ou en tout cas une épouse bien difficile à vivre. Et puis bon, il ne faut pas se mentir, pouvoir faire ce qui nous plaît, pleinement, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit, c’est le bonheur absolu.

Dès ce moment, mon quotidien a pris une autre dynamique. Il a fallu alors que je communique la nouvelle ligne de conduite à mon entourage. J’ai commencé par réunir mes copines tant dévouées à ma cause.

 » Rachel: – Les filles, c’est vraiment cool de vous avoir ce soir. Emma, ta lasagne est terrible.

Emma: – Eh ma chérie, après une semaine de boulot pareille, quoi de mieux pour entrer en douceur et en ambiance dans le weekend. En plus tu sais à quel point j’aime cet appart’ et cette cuisine…

Janelle: – D’ailleurs, pendant qu’on parle ambiance et weekend, Rachel, demande moi qui j’ai croisé au Starbucks ce matin, et qui m’a demandé de tes nouv…

Rachel: – STOP !! Temps-mort ! Les filles, je déclare forfait. Je ne veux plus que vous vous donniez tant de peine à essayer de me caser avec n’importe qui. STOP ! J’ai décidé de prendre les choses avec philosophie et je suis convaincue « qu’uuuun joouuur mon priiiiince viendraaaa »…

Janelle: – Arrête tes histoires bidons de la bidoncité, si le prince charmant existait, tu crois vraiment qu’on se contenterait de tes beaufs et futurs beaufs ? Non non ! Là tout de suite, on serait en train de jouer à la marelle dans la cours du roi. Tu vois comment ?!

Vanessa: – Autre que William alors ton prince s’te plaît… parce que…

Toutes: – Ah ah ah ah ah

Rachel: – Non mais sérieusement. J’ai décidé de prendre le temps d’être pleinement moi et d’aimer ça. Du coup, il va falloir stopper les rendez-vous bizarres et tout le reste. Mais no stress les filles, je gère !

Emma: Qui gère ?!

Toutes: – Ah ah ah ah ah

Vanessa: – Ok. Sois pleinement toi alors… »

Vanessa, a levé son verre, et crié: « à Rachel qui a fini d’être quelqu’un d’autre et qui devient enfin elle, sans opération, sans cicatrice ! » et toues les autres folles ont répondu: « à Rachel ! Cheers ! »

Oui je les ai toutes réunies en même temps parce que mine de rien je les aime mes copines et nos rencontres sont toujours géniales et pleines de fous rires. En dehors de ça, je ne voulais surtout pas avoir à leur expliquer les choses à plusieurs reprises et en différé. J’ai aussi appelé ma mère, avant qu’elle ne le fasse pour me pleurer son désespoir. Je lui ai promis qu’elle aura SA fête de mariage, mais qu’il fallait qu’elle se ressaisisse et cesse de me stresser au risque que je lui ramène le pire gendre que la terre ait connu (oui le stress et la pression nous font parfois faire des choses étranges). Enfin j’ai décidé d’œuvrer à réaliser mes rêves, à grader au travail et à faire du bénévolat dans un centre pour personnes vivants avec un lourd handicap physique. J’y fais de l’animation. Pourquoi ce centre plus qu’un autre ? J’en sais rien mais j’aime ce que j’y fais et ce que j’y apprends. Ah ! J’ai même appris à cuisiner. Pas que je ne savais pas cuisiner avant, mais apparemment tout le monde n’était pas fan de mes fameuses pâtes sauce bolo (vous savez, la sauce vendue dans le bocal en verre avec l’étiquette jaune et rouge). Aujourd’hui je fais concurrence à maman. Quand je rentre à Paris, pour les vacances ou des séjours plus courts, papa exige de pouvoir profiter de la cuisine de celle qu’il appelle désormais « sa master cheffe par intérim ».

Je vais être honnête avec vous. Depuis que je me suis débarrassée de la pression du mariage pour me concentrer sur mes objectifs personnels et le but de mon existence, j’ai arrêté de voir la vie en couleurs pastel. La vie est belle, vraiment. Oui, même quand on est célibataire ! Et même quand on vit à Londres et qu’il pleut tous les jours ou presque. Et contrairement à ce que pensent les gens, célibat ne signifie pas solitude. Ma famille et mes amis sont très précieux, mais encore plus qu’eux, Christ me fait me sentir extraordinaire chaque jour. Le Saint Esprit oriente mes journées, ce qui les rend juste incroyables. Ou plutôt ça les rendait… juste incroyables, car rien n’est irréversible…

Chapitre III

Il s’appelle Richard et c’est l’homme le plus fascinant que j’aie rencontré de ma vie, après mon papa. Généreux et curieux, gentil et spontané, serviable et drôle, c’est un vrai amoureux de Dieu et vous n’imaginez pas à quel point cette qualité fait toute la différence.

Alors que je pensais que ma nouvelle vie était au top, que tout allait pour le mieux, ce monsieur a débarqué. Non, il n’a pas tout chamboulé, mais au contraire, sa venue a contribué à rendre cette vie que je trouvais déjà bien cool et bien remplie encore meilleure.

Richard est architecte. Passionné par les bâtiments, leurs fondations ainsi que leurs constructions, depuis son plus jeune âge, il a toujours rêvé de construire des maisons.

Richard et moi nous sommes rencontrés dans le centre où je fais du bénévolat. Il était venu rendre visite à un ami atteint de paralysie suite à un accident de travail. Après m’avoir observée un moment de loin, Richard est enfin venu me parler. Non, il n’est pas venu me dire que j’étais jolie ou que je lui avais tapé dans l’œil. Il m’a tendu un livre et m’a dit:

« – Vous m’avez l’air de vous intéresser aux belles et bonnes choses, si vous n’avez pas encore lu celui-ci, il est à vous. »

Voici que le type que je zyeutais depuis un moment me tendait un livre: Understanding your potential (comprendre votre potentiel).

A ce moment je ne savais pas trop s’il fallait dire merci ou si son acte était sa manière de me dire: « Tiens toi droite ma fille et lève la tête. On dirait une serpillère »… Ceci étant, j’ai pris le livre et ai simplement répondu:

« – J’espère qu’il sera à la hauteur de mon bon goût ! »

A ce moment là, une petite voix intérieure me dit: « bon goût ? livre ? même phrase ? » mais le mal était fait alors j’ai souri.

Il a ri et m’a dit:

« – A ce qu’il paraît il n’y a pas de meilleur café dans le quartier que celui qu’ils servent à la cafétéria du centre. Ça vous tente ?

– Qui ne serait tenté ? »

On est alors descendu boire ce café qui, entre nous, est dégueulassement dégueulasse. Au-delà du contenu de nos tasses on a beaucoup ri. Très vite on a croché. On a discuté 5 heures pendant lesquelles on a refait le monde, on s’est raconté les gags les plus nuls de la planète et on a polémiqué sur des auteurs ainsi que des cinéastes. On a partagé des choses intimes et on s’est encouragés mutuellement. C’était un rêve éveillé. La petite voix, la même qu’avant s’est à nouveau fait entendre. Et mieux que ça, j’ai ressenti une paix nouvelle m’envahir. Je venais de rencontrer celui qui très vite est devenu mon meilleur ami.

On se voyait d’abord une fois par semaine, au centre. Puis au restaurant, au théâtre, cinéma, à l’église… Richard et moi étions devenus inséparables au grand désespoir de mes copines et de ma mère. Sur une échelle de 1 à 10, la côte de mon téléphone avait baissé à 5 sur 10 et peut être même 4, je ne répondais plus trop aux autres. C’était Richard et moi. On était bien plus que des amis, on était une équipe. Puis ce soir est arrivé. Ce soir où je l’ai attendu et il n’est jamais venu. En 5 mois et 3 semaines, il n’avait jamais décommandé, jamais annulé. Et là il n’était simplement pas venu. J’ai attendu et j’ai appelé. Pas de nouvelle. Pendant qu’on y est, message à l’académie de la langue française: votre adage « pas de nouvelle, bonne nouvelle » doit sûrement faire partie des 10 adages les plus ridicules et dénués de sens que votre langue possède. Un bon -1 sur 10 !

L’homme que je considérais comme fait pour moi, avait disparu. Ma vie de rêve s’était transformée en cauchemar. J’ai pleuré, pleuré et encore pleuré. Je me suis remise en questions environ 1000 fois. J’ai quitté le centre dans lequel je faisais du bénévolat. Je vivais la fameuse expression: « métro, boulot, dodo ». Je me suis coupée du monde. Le moins je voyais de gens, le mieux je me portais. Plus de copines, plus d’église, je ne répondais aux appels de ma mère que lorsqu’elle laissait un message sur mon répondeur disant: « ma chérie, je suis en train de prendre un billet pour venir m’assurer que tu vas bien… ». Toutes mes bonnes résolutions et décisions étaient passées à la trappe. Être le choix de Dieu, avoir de la valeur… j’avais tout oublié. Plus rien ne comptait. Cet homme qui s’était rendu indispensable m’avait abandonnée.

 

Chapitre IV

 

Je ne sais pas si vous aussi connaissez ce moment où les choses ne vont pas comme vous le voulez et vous vous éloignez de ceux, devrais-je dire celui, qui rend votre vie meilleure. Bien plus que de connaître ce moment, moi, je l’ai vécu. Au-delà des copines, j’avais mis Dieu en stand-by. Pourquoi ? Parce que j’ai eu ce raisonnement selon lequel ce n’est jamais de ma faute et donc, si ce n’est pas moi, il faut trouver un coupable. Mais il est certain que je m’étais trompée de cible. Résultat: je me sentais plus vide encore et seule.

Après 3 mois dans ma bulle, après avoir épuisé mon quota de larmes, j’ai décidé de reprendre les choses là où je les avais laissées.

J’ai appelé mes copines, ma mère et repris la route de l’église. J’ai recommencé à lire, à rire et plus que tout, je me suis autorisée à être heureuse. Comme ça faisait du bien !

Un mardi soir, je suis allée au centre. Vous vous souvenez du centre où j’étais bénévole ? Ben j’y suis retournée pour réintégrer mon ancienne place. Constat: le monde avait continué de tourner pendant mes 3 mois d’hibernation et ils n’avaient plus de place vacante en animation. Autant vous dire que ma déception fut énorme. Ma déception fut énorme alors qu’avant de m’y rendre je les avais appelés et ils m’avaient déjà annoncé qu’ils n’engageaient plus. Je savais… Je savais mais j’avais voulu tenté l’impossible. Pour une raison que j’ignore, je me suis dit que sur place les choses seraient différentes. Mais non ! Bref, j’en ai profité pour saluer l’équipe avant de partir. Alors que je m’apprêtais à m’en aller, une voix retentit dans le couloir.

-« Rachel ?! »

Je restai figée et mon sang se glaça, car cette voix m’était familière. Mais je ne me retournai pas car j’avais peur de ce que j’allais voir…

-« Rachel. C’est toi ?! »

A ce moment, deux solutions s’offraient à moi. Petit 1: « Rachel, prends tes jambes à ton cou et cours. Cours sans te retourner. » Petit 2: « retourne toi et on verra… » Et la voix reprit.

-« Excusez-moi, madame, vous ressemblez énormément à une personne qui m’est chère et je ne pouvais faire autrement que de m’assurer que ce n’était pas elle… Je ne me le serais jamais pardonné… »

Je finis donc par me retourner et répondis à l’homme qui m’appelait depuis bientôt une minute et demie.

– « Je me nomme bel et bien Rachel mais ne suis pas sûre d’être celle que vous recherchez. »

En levant la tête je vis un homme, grand, beau et amaigri qui me regardait fixement avec un sourire et des larmes plein les yeux…

Je ne savais pas trop quoi ressentir ou même exprimer comme sentiment. Alors je me suis approchée, et ai écouté. Je n’étais pas capable de sortir un mot. Celui qui avait disparu depuis maintenant quatre mois, qui n’avait pas fait signe de vie durant 16 semaines se trouvait devant moi. Avant que j’aie le temps d’ouvrir la bouche il me sera contre lui et me dit:

– « J’avais besoin de m’assurer de remarcher un jour avant de te recontacter. »

Autant vous dire qu’un message en morse aurait été aussi clair que cette phrase qu’il venait de me lancer… Il me traîna jusqu’à la fameuse cafétéria et me raconta tout l’histoire. Le soir où nous devions nous voir, Richard a eu un grave accident de voiture. Le genre d’accident de voiture dont on ne se sort pas en général. Suite à ça, il a subi de grosses interventions chirurgicales à la suite desquelles les médecins lui ont annoncé qu’il ne marcherait plus jamais. Dans son entêtement, il a décidé que ça n’était pas à ces hommes en blouses blanches de décider de ce qui arriverait ou pas dans sa vie. Il a donc était transféré dans ce centre où il faisait de la rééducation afin de réapprendre à marcher.

Pour changer j’ai pleuré… Et on a parlé… Je lui ai raconté le calvaire qu’ont été les 4 derniers mois et puis on a ri. Oui on a ri parce qu’au final, ces 4 mois c’était le passé. Richard l’entêté avait recommencé à marcher et ses physios étaient très positifs quant au futur. Je ne peux vous expliquer ce que j’ai ressenti à ce moment..

Les jours passaient et j’étais redevenue une habituée du centre mais pour d’autres raisons que le bénévolat. 6 semaines plus tard, Richard a pu quitter le centre pour rentrer à la maison. En ce qui nous concerne, nous avons repris notre relation là où nous l’avions laissée…

Un jour, au détour d’une de nos interminables discussions, où pour changer, nous n’étions pas d’accord, il m’a demandé de l’aider à accomplir son rêve le plus fou. Après m’être moquée de lui, j’acceptai. Quelques secondes plus tard Richard avait un genou à terre et il me demandait de faire de lui l’homme le plus heureux du monde et de l’épouser. Je vous promets, très chers lecteurs, que je n’oublierai JAMAIS cette soirée. Ni ce très joli café où il a fait sa demande et dont on a emporté les tasses que nous venions d’utiliser.

Vous devez vous demander comment j’ai pu accepter d’épouser mon meilleur ami sans être passée par la case petite amie. C’est assez simple. De un, devenir si proche, à l’âge adulte, de quelqu’un du sexe opposé cache souvent plus que de l’amitié. De deux, épouser son meilleur ami est un luxe. De trois, il est tout ce que j’ai demandé à Dieu quand je priais pour ma future famille. De quatre, il m’a toujours respectée sans essayer de coucher avec moi. Bien au contraire, il s’est toujours arrangé pour qu’on ne se retrouve pas dans des situations délicates où il serait difficile de ne pas céder. Laissez moi vous dire qu’on ne m’a jamais autant aimée et protégée. De cinq, personne d’autre ne serait aussi parfait que lui dans le rôle du père de mes enfants. De six, je l’avais perdu une fois et c’était bien assez. Et enfin, la bague était belle !

 

Je vous écris ces quelques lignes pendant les rares moments de répit que me laisse la préparation de mon mariage. Oui oui oui !! J-2. Je suis à deux dodos de devenir madame Richard M et d’être sacrée « mariée la plus ambiancée du siècle ». Mais ça ne s’arrête pas là. Je suis enfin prête à passer à autre chose. Prête à changer de nom, à multiplier mon nombre de membres de famille par deux, à créer ma propre famille, enregistrer de nouveaux réflexes et un nouvel ordre de priorités. Prête à organiser et planifier notre présence aux fêtes de Noël de son côté comme du miens sans faire de jaloux. Je suis enfin prête à passer du JE au NOUS. Enfin prête à faire ce qu’il faut pour remporter mes nouvelles victoires et atteindre mes nouveaux objectifs. C’est-à-dire ceux que chou et moi avons décidé d’embrasser et de déterminer comme le but de notre mariage. Non en effet, Richard et moi ne nous marions pas uniquement parce qu’on s’aime, ou parce qu’on est magnifique ensemble et que nos enfants seront les plus cool que cette terre portera, bien que ce soit une réalité. Nous étant accomplis individuellement pendant ce temps que Dieu a laissé à notre disposition avant que nous nous rencontrions, aujourd’hui nous comptons apporter au monde la combinaison de sa cooolitude multipliée par la mienne. Son amour pour Dieu multiplié par le mien. Parce que sinon, ça aurait pu être n’importe qui d’autre que lui.

 

Rachel, 28 ans et bientôt 29, épanouie et heureuse. Convaincue que les bontés de l’Eternel ne sont pas épuisées et que Ses compassions ne sont pas à leur terme. Convaincue qu’il n’y a pas d’être parfait mais que celui ou celle avec qui vous allez conquérir le monde et gagner. Celui ou celle que vous n’allez pas essayer de changer, mais dont votre amour couvrira les défauts pour en faire des qualités. Celui ou celle avec qui vous défierez les lois mathématiques et avec qui 1 + 1 égalera 1.

Quelle que soit la saison dans laquelle vous vous trouvez, rentabilisez la. « Célibataire » ? Accomplissez vous. Soyez la meilleure version de vous-mêmes. Le meilleur enfant pour vos parents, le meilleur frère ou la meilleure sœur. La meilleure amie ou le pote le plus loyal. Quoi qu’il en soit, et quoi que vous soyez, soyez le et soyez le bien !

 

Z.K

 

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