Cultiver l’honneur

Il y a une histoire dans la bible que je trouve assez folle (en même temps, je dis ça pour trop d’histoires, mais vous vous y habituerez). Il s’agit de l’histoire de cette femme qu’on veut lapider sur la place publique parce qu’elle a commis ce qui ne se commettait pas; la fameuse femme adultère. Le texte se trouve dans l’évangile de Jean au chapitre 8.

On parle ce mois-ci d’honneur. Et la culture de l’honneur est, je pense, la plus belle des manières de représenter Jésus. Honorer ceux que Jésus honore comme Jésus les honore (ou comme il nous honore nous). Je n’écris pas sur un sujet sur lequel je ferais forcément 20/20 à l’épreuve pratique, mais plutôt sur une matière à interro quotidienne. Un homme a dit un jour: « Jésus a pris ce que nous méritions pour nous donner ce qu’il méritait ». En partant de là, notre vie prend du sens (et de la valeur). En partant de là, j’ai assez envie de dire que contrairement à ce qu’on nous a toujours dit et appris, on n’honore pas les gens parce qu’on estime qu’ils le méritent, on les honore parce qu’honorer, c’est aimer et c’est manifester le caractère de Christ.

Pour en revenir à la femme adultère, la réaction de Jésus face à la situation est la base sur laquelle je souhaiterais construire mon raisonnement. Entre nous, qui, en lisant ce récit pour la première fois (ou pas) n’a pas trouvé Jésus trop fort, trop sage, trop aimant ? Qui ne s’est pas dit « arf, instinctivement, j’aurais réagi comme les scribes et les pharisiens, mais Jésus a plié le game dans sa réaction » ? La bonne nouvelle est qu’il n’est pas trop tard pour agir comme Christ le ferait et plier le game à notre tour.

Ce qui attire particulièrement mon attention quand cette femme qui s’apprête (et s’attend) à se faire lapider rencontre Jésus, c’est qu’il :

  • Ne prend pas part au déshonneur de cette femme, bien que le réflexe religieux est de statuer et disserter sur la faute commise et les sanctions qui s’y prêtent.

  • Ne pose pas de jugement sur qui EST cette femme. Il ne fait pas d’amalgame entre la personne et son erreur ou l’acte qu’elle pose.

  • Ne se complet pas à flatter ou ignorer le mal que cette femme commet. Non, par ce qu’il l’aime, il lui dit de ne plus pécher. Parce qu’il l’aime, il lui donne les clés pour ne plus se retrouver dans cette situation SANS grande leçon de morale.

Ce qui est fou dans cette histoire ainsi que dans la vie quotidienne, c’est que lorsqu’on commet une erreur, lorsqu’on pèche, on s’attend à être repris, corrigé, exclus, un peu comme cette femme qui ne se défend aucunement face à ses accusateurs et qui attend fatalement sa sanction. La réalité du royaume par contre est autre. La culture de l’honneur nous demande de continuer à considérer, couvrir, porter l’être en face sans pour autant cautionner l’acte posé, mais surtout au-delà de l’acte. Et ceci m’amène à une réflexion qui me hante depuis un moment: l’importance de dissocier les gens de ce qu’ils font, disent ou pensent, car ils sont, nous sommes, bien plus que ça. Créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, bourrés de potentiel et porteurs d’une destinée glorieuse, nous sommes plus qu’une faute ou qu’une situation. Honorer les autres, c’est rester là quoi qu’il en soit. Honorer, c’est donner aux autres, par notre considération, les armes nécessaires pour finir par se relever. Honorer, c’est représenter le Père aimant, NON fâché, juste, accueillant, NON jugeant et bon que nous avons.

Z.K

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